Lorsque l'on imagine une séance de méditation, on pense souvent à quelques minutes de calme, les yeux fermés, centré sur sa respiration. Mais que se passe-t-il une fois la séance terminée ? La méditation peut-elle influencer notre quotidien au-delà de ces quelques minutes de pratique ? C'est précisément cette question qui nous a conduits à réaliser une étude comparant des personnes pratiquant régulièrement la méditation de pleine conscience à des personnes ne la pratiquant pas. Les résultats montrent plusieurs différences intéressantes concernant le sommeil, l'énergie, la qualité de vie au travail ou encore la pleine conscience. Ils nous rappellent surtout que la méditation n'est pas un moment isolé dans la journée : elle peut progressivement transformer notre manière de vivre ce qui nous entoure.
La méditation est un entraînement, pas une performance
Avant d'explorer les résultats de notre étude, il est important de rappeler ce qu'est réellement la méditation de pleine conscience.
Contrairement à certaines idées reçues, méditer ne consiste pas à :
- arrêter de penser ;
- faire le vide dans son esprit ;
- atteindre un état de relaxation permanent.
La pleine conscience est avant tout un entraînement de l'attention.
Chaque fois que notre esprit s'éloigne, nous remarquons ce mouvement… puis nous revenons doucement au moment présent.
Encore.
Et encore.
C'est cette répétition qui constitue la pratique.
Premier enseignement : mieux dormir
Notre étude montre que les pratiquants réguliers déclarent une meilleure qualité de sommeil que les personnes ne pratiquant pas la méditation.
Ce résultat rejoint plusieurs recherches scientifiques qui explorent les liens entre pleine conscience et sommeil.
Pourquoi ?
Parce que la méditation peut progressivement modifier notre relation aux pensées qui apparaissent au moment du coucher.
Plutôt que de lutter contre elles, nous apprenons à les observer, puis à revenir doucement vers notre respiration ou nos sensations.
Le sommeil ne se commande pas.
Mais il peut parfois retrouver naturellement sa place lorsque la pression diminue.
Deuxième enseignement : davantage d'énergie
Les pratiquants de notre étude déclarent également un niveau d'énergie plus élevé.
L'énergie ne dépend pas uniquement du sommeil.
Elle est aussi influencée par :
- notre niveau de stress ;
- notre charge mentale ;
- notre capacité à récupérer ;
- notre qualité d'attention.
En entraînant régulièrement cette attention, la méditation pourrait contribuer à moins disperser nos ressources au cours de la journée.
Troisième enseignement : une autre relation au travail
Notre étude met également en évidence des différences concernant plusieurs dimensions de la vie professionnelle :
- satisfaction au travail ;
- engagement ;
- adaptabilité ;
- développement de compétences.
Encore une fois, ces résultats ne démontrent pas que la méditation est responsable de ces différences.
Ils montrent simplement qu'une pratique régulière est associée à un vécu professionnel différent.
La pleine conscience ne change pas forcément les situations.
Elle peut en revanche modifier notre façon d'y répondre.
Quatrième enseignement : développer sa pleine conscience
Cela peut sembler évident.
Pourtant, c'est probablement le résultat le plus important.
Les pratiquants présentent des scores plus élevés concernant différents aspects de la pleine conscience elle-même.
Autrement dit, méditer semble bien entraîner ce que la pratique cherche justement à développer :
- la présence ;
- l'observation ;
- l'attention ;
- l'accueil de l'expérience.
Et c'est probablement cette évolution qui influence ensuite les autres dimensions du quotidien.
Les effets apparaissent souvent progressivement
Nous aimerions parfois ressentir des changements dès la première séance.
En réalité, la méditation ressemble davantage à l'apprentissage d'une langue ou d'un instrument de musique.
Une séance peut sembler très ordinaire.
Puis, quelques semaines plus tard, nous remarquons que :
- nous revenons plus facilement au calme ;
- certaines situations nous emportent moins ;
- nous remarquons davantage ce qui nous fait du bien.
Les effets ne sont pas toujours spectaculaires.
Ils sont souvent subtils.
Et c'est précisément ce qui les rend durables.
Pourquoi la régularité compte davantage que la durée
L'une des questions les plus fréquentes est :
Combien de temps faut-il méditer ?
Il n'existe pas de réponse universelle.
En revanche, l'expérience montre qu'il est souvent plus facile d'intégrer :
- cinq minutes chaque jour ;
que
- quarante minutes une fois par semaine.
La méditation devient alors une habitude.
Comme se brosser les dents.
Comme marcher.
Comme prendre quelques respirations avant une réunion.
Cette régularité est probablement plus importante que la durée de chaque séance.
La méditation ne transforme pas uniquement les moments difficiles
Lorsque nous traversons une période compliquée, nous cherchons naturellement des solutions.
Mais la pleine conscience ne sert pas uniquement à mieux gérer le stress.
Elle nous entraîne également à savourer davantage les expériences agréables.
Un repas.
Une conversation.
Une balade.
Le chant d'un oiseau.
Le sourire d'un proche.
Ces instants étaient déjà présents.
Simplement, nous leur accordons davantage d'attention.
Une pratique qui accompagne le quotidien
La méditation n'est pas une parenthèse en dehors de la vie.
Elle peut progressivement accompagner toutes les dimensions du quotidien :
Le sommeil.
L'énergie.
Le travail.
Les relations.
Le mouvement.
Les moments de calme.
Chaque séance constitue un entraînement.
Le reste de la journée devient le terrain d'expérimentation.
Ce que notre étude ne permet pas d'affirmer
Notre étude met en évidence plusieurs associations entre pratique régulière de la méditation et différents indicateurs de bien-être.
Elle ne permet toutefois pas de conclure que la méditation est directement responsable de ces différences.
De nombreux autres facteurs influencent notre qualité de vie :
- notre environnement ;
- notre santé ;
- nos habitudes ;
- notre activité physique ;
- notre sommeil ;
- nos relations.
La méditation constitue une ressource parmi d'autres.
Elle ne remplace jamais un accompagnement médical lorsque celui-ci est nécessaire.
En résumé
Notre étude met en évidence des différences entre les personnes pratiquant régulièrement la méditation et celles qui ne la pratiquent pas.
Les pratiquants déclarent notamment :
- une meilleure qualité de sommeil ;
- davantage d'énergie ;
- une meilleure qualité de vie au travail sur plusieurs dimensions ;
- un niveau plus élevé de pleine conscience.
Ces résultats ne démontrent pas une relation de cause à effet.
Ils rejoignent néanmoins un ensemble de recherches qui suggèrent qu'une pratique régulière de la pleine conscience peut contribuer, au fil du temps, à transformer notre manière de vivre le quotidien.
Au fond, la méditation ne change peut-être pas ce qui nous arrive.
Elle peut progressivement changer la façon dont nous rencontrons chaque instant.























